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Après un temps passé
sous le regard et à l'écoute des oeuvres d'Edouard Doigneau
ce qui m'a séduit chez ce peintre c'est l'harmonie avec l'espace
habité, un imaginaire qui n'altère en rien la réalité,
une peinture heureuse qu'il fallait enfin faire reconnaître
alors que les modes conspirent pour l'oublier. Il découvre la Bretagne en 1893 et rien n'échappe à son oeil ni à son pinceau: la main n'a plus qu'à transcrire ce que la rétine a retenu à travers le filtre de son tempérament. Le souvenir des terrains de manoeuvres a élargi son expérience bretonne à d'autres horizons . Cela confère à son oeuvre un charme très particulier dans la relation que l'on pressent entre un inaccessible idéal d'artiste et la réalité de son existence bourgeoise. Edouard Doigneau a fait vivre intensément à ses admirateurs ces petites scènes de la vie bretonne dans lesquelles la nostalgie est bien vite chassée par la qualité, la clarté , la fluidité d'une peinture magnifiée par une palette aux nuances subtiles où s'épanouit une superbe intelligence stylistique. Les accords du coloriste suggèrent des correspondances visuelles et sonores de la Ronde des petites bigoudènes à l'Andro vannetais. La finesse et la minutie d'exécution de ses aquarelles réalisées dans le meilleur goût dénotent un maître du genre. Encore confidentielle, sa notoriété reste à conquérir. Certes l'oeuvre de Doigneau témoigne de son temps et de sa profonde affection pour l'insouciance de la jeunesse. Mais elle est d'abord intemporelle comme ces bigoudènes qui éveillent en moi de multiples échos de mon enfance. Du Pays bigouden au Pouldu, le parcours du peintre fait éclore aujourd'hui ce projet à la Maison de Marie Henry. Si l'oeuvre d'Edouard Doigneau ne souscrit pas aux bouleversements picturaux de son époque, elle rêve comme ses nomades prédécesseurs à d'autres voyages.... Nous souhaitons partager
avec le plus large public la beauté lumineuse d'une peinture
brillante illustration d'une Bretagne du bonheur. Bernard LE FLOC'H |
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